Les écoles européennes, Bruxelles en accueille une grande partie. Vous en avez entendu parler, mais savez-vous ce qu'elles sont, comment elles fonctionnent ou encore d'où viennent-elles ? Leur conception vient d'une Europe unie et vise une mixité des nationalités, à l'image de leur mère, l'Union européenne. Leur système est particulier mais ce sont pourtant des établissements scolaires qui peuvent rencontrer les mêmes problèmes que toutes les autres écoles. L'e-ris a décortiqué pour vous le système scolaire européen.
L'histoire des écoles européennes suit de près la création de l'Union européenne. L'idée d'école européenne est apparue en 1953, soit un an après la fondation de l'Union européenne - à l'époque la CECA - grâce à quelques fonctionnaires européens et avec le soutien de la Communauté et du gouvernement luxembourgeois.
En effet, les six pays fondateurs ont remarqué que cette expérience de rassembler des enfants de nationalité et de langue différentes, était très positive et ont décidé de développer le concept. Les écoles européennes ont donc vu le jour au fur et mesure dans plusieurs pays européens : Luxembourg, Belgique, Italie, Allemagne, Pays-Bas, Royaume-Uni, Espagne.
Bruxelles, capitale des écoles européennes
Il y a actuellement 14 écoles européennes. Bruxelles, "la capitale des institutions européennes", possède à elle seule quatre écoles, sans compter celle située à Mol, Geel (près d'Anvers).
Les écoles européennes font partie du paysage bruxellois depuis maintenant 1958, date de l'instauration de l'école Bruxelles I, à Uccle. Cette école est la deuxième à avoir vu le jour en Europe, après celle de Luxembourg en 1953. La dernière école à avoir ouvert ses portes à Bruxelles est l'école Bruxelles IV, initialement prévue à Laeken mais provisoirement située à Forest, pour cause d'aménagement du site de Laeken.
Un enseignement tourné vers l'Europe
Ces écoles réunissent des enfants de tous les coins de l'UE. Dans la brochure générale des écoles européennes, elles se targuent d'"offrir à leurs élèves la possibilité d'affirmer leur identité culturelle, de développer un haut niveau de connaissance en langues et de privilégier une approche européenne et globale dans leur enseignement". Dans l'absolu, elles affirment "renforcer l'esprit de tolérance, de coopération, de dialogue et de respect au sein de la communauté scolaire ainsi qu'à l'extérieur de l'école".
Les écoles européennes sont légèrement différentes du reste des institutions scolaires. Vu qu'elles accueillent des élèves de différentes nationalités et langues maternelles, elles sont pourvues de plusieurs sections linguistiques. Ces sections offrent un enseignement général dans la langue maternelle de l'enfant. En tout, les élèves peuvent apprendre jusqu'à trois langues étrangères (de l'Union) au cours de leur parcours scolaire. Ils sont également régulièrement mélangés entre sections pour favoriser l'intégration et la multiculturalité. A Bruxelles, le français est cependant la langue la plus véhiculée dans les écoles.
"Près de 50% de nos élèves sont francophones (surtout de Belgique, France, Luxembourg)", explique M. Wulf Schlabe, directeur de l'école Bruxelles IV de Forest, . "Le personnel administratif est également en majorité francophone car il est engagé localement et non pas par l'Union européenne. A l'école, nous parlons les trois langues de l'UE, mais nous mettons un accent particulier sur le français car c'est la langue d'origine du pays d'accueil. Nous nous faisons aussi attention au néerlandais, mais l'utilisation de cette langue est difficile pour les enfants d'autres nationalités. Voilà pourquoi nous parlons en majorité le français."
Qui paie ?
Les écoles européennes naissent après un long processus administratif, régi par la Convention des écoles européennes. La création d'une école est décidée par le Conseil Supérieur, représenté par un Secrétaire général des écoles européennes.
L'aménagement d'une nouvelle école est financé par le pays membre qui l'accueille, avec une contribution de la Commission européenne.
Les associations de parents ont aussi un rôle déterminant, car ce sont elles qui gèrent les cantines, les transports scolaires et les activités para-scolaires.
Concernant les salaires, c'est un peu particulier. "Nos professeurs sont payés en partie par l'UE et en partie par le pays d'origine du professeur. Les professeurs reçoivent leurs fiches de salaire de leur pays. Moi, par exemple, qui suis allemand, je reçois une fiche de salaire allemande. Et l'Union européenne me paie l'autre partie, pour arriver au salaire européen", poursuit M. Schlabe.
Les écoles européennes ont un système assez compliqué mais au final, ont quand même un statut juridique d'école publique et rencontrent les mêmes problèmes que les autres écoles du pays.
Des écoles surpeuplées
Avec l'élargissement de l'Union européenne, les institutions accueillent de plus en plus de personnes, notamment les enfants des fonctionnaires. A Bruxelles, la surpopulation des écoles est un problème récurrent, même pour les écoles non-européennes. C'est d'ailleurs pour contrer ce problème que l'école Bruxelles IV a ouvert en 2007, sur le site provisoire de Forest. L'établissement peut accueillir 900 à 1000 élèves, mais elle compte actuellement 1.053 élèves. "Nous avons dû construire des préfabriqués pour créer plus de classes pour les élèves. La fin des travaux à Laeken était prévue pour 2010, mais avec le retard, nous attendons l'ouverture de l'école pour la rentrée 2012", confie M. Schlabe.
Si l'Europe veut continuer à prouver que le fondement des écoles européennes est un atout pour les générations de demain, elle doit montrer qu'elle prend soin de ses enfants et de leur éducation. Le GUDEE (Groupe unitaire pour le développement des écoles européennes) expliquait déjà en 2006 que "la Commission reconnaissait la faible mobilité géographique des travailleurs européens comme un facteur de rigidité qui pèse sur la productivité et sur le taux de chômage de l'Union". Il concluait en disant que "l'une des explications à cette faible mobilité est le traumatisme lié à l'expatriation des familles dans une Europe qui promeut sa diversité culturelle comme une richesse mais qui n'a pas de solutions à offrir pour l'éducation de ses enfants".
Les écoles européennes ne sont donc pas épargnées par les problèmes récurrents que rencontrent toutes les autres écoles. Si elles veulent continuer à montrer une image d'enseignement de qualité et tourné vers l'Europe, celles-ci doivent réformer leur système dans les années à venir pour former les Européens de demain dans les meilleures conditions.
Florence Hau-Gérin
Je suis voisin de l'école européenne Bruxelles III à Ixelles. C'est clairement une éducation supérieure à celle d'autres quartiers de Bruxelles qu'ils reçoivent là. Il faut dire qu'ils ont de grosses infrastructures. Et même des cours de musique, ce que je n'avais pas au Collège moi personnellement. Mais ils ont l'air très sympas et ouverts (j'espère bien vu le contexte).
RépondreSupprimerAutre anecdote : à chaque fête nationale d'un pays de l'UE, ils hissent dans la cour le drapeau du pays en question.