La vie de stagiaire à la Commission européenne, c'est d'abord une sélection draconienne en trois étapes, où le talent le dispute à la pratique du lobbying et à la chance. Et ensuite ? Cinq mois d'un stage intense, qui laisse peu de répit : entre le travail à la Commission et les soirées branchées où l'on soigne son carnet d'adresses, les stagiaires ont au final peu de temps pour souffler, découvrir Bruxelles et s'y intégrer.
Qu'est-ce qui ressemble à un fonctionnaire européen, effectue le même travail, fréquente les mêmes lieux, mais est beaucoup moins payé et ne reste en poste que cinq mois ?
Un stagiaire de la Commission européenne, pardi !
Pour ce dossier, nous avons décidé de nous pencher sur l'intégration à Bruxelles de ces fonctionnaires européens un peu particuliers, à l'image très glamour (voir la vidéo ci-dessous). Nous les avons donc suivis pendant plus d'une semaine dans leurs activités d'after work, entre le Berlaymont, la place du Luxembourg et la place du Châtelain.
Vidéo réalisée à l'issue du stage d'hiver 2010 - 2011 (© Stage Committee)
Premier constat : encore plus que pour les fonctionnaires européens, tout est fait pour maintenir les stagiaires dans leur bulle, loin de tout contact avec la vie bruxelloise. A un point tel que même les stagiaires belges sont tentés de s'isoler de leur famille et de leurs amis belges, tiraillés qu'il sont entre leur vie de stagiaire et celle de Belge. C'est le cas d'Anne-Sophie, stagiaire originaire du Brabant wallon, dont nous avons dressé le portrait.
Il est vrai que les stagiaires de la Commission ne sont à Bruxelles que pour une très courte durée. Est-ce pour autant une raison pour ne pas leur donner envie et l'occasion de découvrir la ville, qui s'est peu à peu imposée comme la capitale de l'Europe ? Car tout est fait pour que les stagiaires s’intègrent à Bruxelles...sans les Bruxellois . C'est le sens du billet d'humeur réalisé par Alejandra Mejia Cardona.
Mais, au fond, l'intérêt du stage est ailleurs, et tous les acteurs en sont (plus ou moins) conscients. Pour la Commission, il s'agit de disposer d'une main d’œuvre bon marché et compétente, et de former ses futurs interlocuteurs ou employés à sa manière de penser. Et pour les stagiaires, les cinq moins passés à la Commission donneront une plus-value certaine à leur CV, et leur permettront de se constituer un solide carnet d'adresses pour leur future carrière. C'est la conclusion du reportage écrit à l'issue de la semaine passée avec les stagiaires : les stagiaires de la Commission, cinq petits mois et puis s'en vont...
Alejandra Mejia Cardona, Robin Libert
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